Quadragénaire au parcours riche et diversifié, profondément enraciné dans les réalités économiques, urbaines et sociales de la capitale congolaise, Olivier Junior Bidi a été nommé, le 18 avril 2025, à la tête de la Régie Immobilière de Kinshasa (RIMMOKIN).
Il prend les rênes dans un contexte critique : une ville de plus de 17 millions d’habitants, où affluent chaque année près de 500 000 nouveaux arrivants. Les quartiers informels se multiplient, le déficit en logements dépasse les 400 000 unités, et l’urbanisation échappe à tout contrôle.
Sa mission est claire : refonder la politique immobilière de Kinshasa et faire de la RIMMOKIN un véritable levier de transformation urbaine.

Kinshasa, une capitale sous pression

La capitale congolaise s’étend, s’engorge et s’asphyxie.
Ses infrastructures, figées et débordées, peinent à suivre la croissance démographique. Résultat : urbanisation anarchique, quartiers insalubres, spéculation foncière et logement inaccessible pour la majorité.
Dans ce contexte, la RIMMOKIN – longtemps réduite à l’inaction – se voit confier une mission vitale : rebâtir la ville sur des bases saines, durables et inclusives. Depuis avril 2025, un nom incarne cette ambition : Olivier Junior Bidi.

Une régie à redynamiser

Créée pour favoriser l’accès au logement, en particulier pour les ménages modestes, la RIMMOKIN a souffert de sous-financement chronique, de dysfonctionnements administratifs et d’un manque de vision stratégique.
Pendant ce temps, Kinshasa continuait de s’urbaniser sans plans directeurs, sans infrastructures adaptées, et sans régulation efficace du secteur privé.
Pour Bidi, le défi n’est plus seulement de construire, mais de penser la ville de demain, avec une approche fondée sur l’équité, la durabilité et la cohérence territoriale.

Le parcours d’un bâtisseur engagé

Né à Kinshasa le 12 juillet 1982, Olivier Junior Bidi est licencié en sciences économiques et de gestion à l’Université William Booth de Kinshasa. Il a ensuite complété sa formation par des spécialisations en marketing et communication au Conservatoire des arts et métiers en France.

Dès 2006, il participe à la rédaction du cahier des charges pour la reconstruction de Kinshasa. La même année, il cofonde l’ONG Jeunesse Avertie, engagée dans la lutte contre le VIH/SIDA, dont il est toujours secrétaire général.

Entrepreneur et acteur culturel, il a été responsable import-export chez DISPROMALT et a fondé BMLIBRARY, une maison d’édition et librairie en ligne visant à démocratiser l’accès au savoir.
Il est également actif dans l’enseignement et les médias : professeur d’institutions bibliques, directeur de Radio Maranatha, et auteur de plusieurs ouvrages analysant l’impact du numérique sur la société et la foi.

Parallèlement, il dirige Heaven Conseil Assurance, où il conseille entreprises et institutions en gestion des risques, environnement et développement urbain. Une trajectoire marquée par une approche multidisciplinaire et pragmatique.

Une vision pour Kinshasa

À la tête de la RIMMOKIN, Olivier Junior Bidi a fixé trois priorités :

  1. Accélérer la construction de logements sociaux accessibles.

  2. Structurer des partenariats solides avec les investisseurs.

  3. Contribuer à l’aménagement urbain global de Kinshasa.

Il entend notamment relancer les projets de cités satellites à Nsele, Maluku et Mont Ngafula, régulariser les zones d’habitat informel et mettre en place un guichet unique pour les investissements immobiliers. La RIMMOKIN doit redevenir un acteur de référence, capable d’accompagner les opérateurs privés et de servir de bras opérationnel à l’État.

« Il est temps de penser une ville à échelle humaine, où chaque Kinois, quel que soit son revenu, puisse accéder à un logement digne », déclarait-il lors de sa prise de fonction.

Des défis colossaux, mais une ambition claire

Foncier instable, spéculation galopante, infrastructures vieillissantes, cadre réglementaire flou… Les obstacles sont nombreux. Mais Olivier Junior Bidi reste optimiste.
Selon lui, Kinshasa peut devenir un modèle africain de modernisation urbaine, à condition de bâtir des politiques cohérentes, de favoriser les synergies public-privé et de replacer l’humain au centre du développement.

Sa nomination à la tête de la RIMMOKIN symbolise le retour d’une ambition publique forte pour repenser l’espace urbain.
Kinshasa, ville de contrastes et d’opportunités, attend une vision. Elle a désormais un visage.